02.04.2007

Retraites, de diminution en diminution

A la fin de l'année 2003, les 244 472 retraités du Rhône (le département se situe un peu au-dessus de la moyenne nationale) avaient une retraite moyenne de base (celle de la CNAV, caisse nationale assurance vieillesse) de 591,62 euros par mois pouvant avec la retraite complémentaire s'élever à 1 138 euros. En 2004 le montant a été revalorisé suivant l'indice des prix, de 1,7 %.
En 2006 l'augmentation a été de 1,8 %, le minimum contributif étant au 1er janvier de 597,71 euros par mois alors que l'indice des prix avait augmenté sur l'année 2005 de 1,6 % et l'indice de référence des loyers de 2,30 %.
Si l'on constate une stagnation et même un recul du pouvoir d'achat des retraités depuis dix ans, cela s'explique d'une part par le fait que, depuis 1993, les retraites sont indexées sur l'indice des prix et non plus sur l'évolution des salaires (environ 2,4 % par an) et d'autre part par la mise en place depuis le 1er février 1991 des prélèvements obligatoires.
Si en effet à cette date, le taux de la CSG (Contribution sociale généralisée) avait été fixé à 1,1 %, il a atteint en 2006 (CRDS - contribution au remboursement de la dette sociale créée en 1996 - inclue) environ 7 %. Pour les retraites complémentaires (ARRCO et AGIRC), le prélèvement global est actuellement d'environ 8 %.
Depuis dix ans, les revenus des retraités ont ainsi diminué progressivement. La retraite de base de la CNAV a diminué de plus de 6 %, la retraite complémentaire ARRCO de plus de 10 % et la retraite cadre AGIRC de 13,60 %.
A noter que les retraites des femmes sont encore inférieures à celles des hommes même si le montant des pensions augmente avec le renouvellement des générations. La situation est critique pour certaines femmes seules qui n'ont pas ou peu cotisé et qui ne touchent que la pension de reversion de leur mari décédé.
Gisèle Lombard glombard@leprogres.fr

Source : le Progrès 

Nous pourrions d'abord croire naïvement que les retraites puissent augmenter, puis que si elles n'augmentent pas parallèlement au prix de la vie, qu'elles soient stables ou en légère hausse.

Mais non, les retraites baissent! L'on se solidarise pour des revalorisations de salaires méritées, toujours médiatisées, mais l'on ne fait jamais cas des retraités français, encore une fois ramenés à la portion congrue. Des retraités qui ont vu en dix ans, non pas, nous venons de le dire, leurs retraites augmentées, mais leurs retraites baissées de 8 à 13.6%. 

Ne pas oublier qu'il n'est pas si dur d'échapper aux accidents de la route, aux cancers, etc., et de devenir à son tour un retraité, qui après une vie de labeur devra encore lutter pour finir le mois. 

Les retraités d'aujourd'hui, comme ceux de demain, ne méritent pas ça. 

 

28.03.2007

Les retraités veulent se faire entendre

«Comment voulez-vous vivre avec 800 euros par mois ? Avec les loyers qui augmentent, le prix de la nourriture c'est impossible ! ». Comme Marie, de nombreuses retraitées avaient hier rejoint les rangs des manifestants qui s'étaient donné rendez-vous devant l'Opéra. A l'appel de l'ensemble des unions départementales CGT, CFDT, CFTC et FGR, les retraités (six cent cinquante selon la police) ont défilé de la place de la Comédie jusqu'à la Préfecture, dénonçant un pouvoir d'achat en baisse (- 1 % chaque année depuis dix ans).
Pas d'agressivité dans les rangs mais plutôt de l'amertume et le désir de se faire entendre. « Nous avons commencé à travailler à 14 ans et maintenant nous avons à peine les moyens de vivre. Si nous ne profitons pas de la période électorale pour qu'on nous prenne en compte, ce n'est pas après les élections qu'on nous accordera de l'attention » entendait-on dans le cortège.
Les revendications, adressées directement aux candidats à la présidentielle, portent sur la revalorisation des pensions et retraites du secteur privé et du secteur public ainsi que sur un minimum de pension égal au SMIC.
Il faut en effet savoir que la pension moyenne des femmes est de l'ordre de 1020 euros, et que 600 000 personnes âgées (hommes et femmes) en France perçoivent une pension inférieure à 800 euros.
Les ressources réunies par la caisse nationale de solidarité pour l'autonomie créée à la suite de la canicule de 2003 pour rassembler tous les fonds alloués aux personnes âgées y compris ceux du jour férié ne suffisant pas pour financer l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA), les retraités dénoncent la part croissante qui incombe en conséquence dans ce domaine aux conseils généraux et les inégalités engendrées d'un département à l'autre.
Enfin, le prix de pension dans les établissements pour personnes âgées est également montré du doigt. « Comment assumer 1 500 à 2 000 euros par mois quand on se retrouve confronté à des situations dramatiques comme celles causées par la maladie d'Alzheimer ? »
A noter que les retraités en France forment un groupe social de 13 millions de personnes qui entendent désormais peser sur la vie politique.

Gisèle Lombard

Source : le Progrès 

 

Les mesures de Front National concernant les retraites:

- Une harmonisation des régimes de retraite (entamée partiellement par la réforme de 2003), en regroupant les différents régimes de base en un seul régime national, géré directement par l’État et sous contrôle du Parlement.

- Le retour à 65 ans de l’âge légal de la retraite, pour tenir compte de la réalité des parcours (entrées tardives sur le marché du travail, périodes de chômage…) après 40 annuités de cotisation et la liberté donnée aux Français de travailler au-delà s’ils le désirent.

- La proportionnalité de la retraite par rapport à la période effective de cotisation.

- La prise en compte de la pénibilité du travail et des contraintes professionnelles dans le calcul des annuités (en particulier, droit pour l’État de maintenir des règles spécifiques pour ses personnels dits en service actif), sur base de négociations de branches.

- L’amélioration et la simplification des pensions de reversion : 60 % de la retraite réelle du conjoint décédé, sans conditions de ressources, pour les veufs ou les veuves de retraités non remariés.

- Le développement de régimes de retraite complémentaire par capitalisation ouverts à tous et dont les versements, auprès d’organismes agréés par l’État, seront déductibles des revenus imposables.

- La représentation des retraités, avec droit de regard au même titre que les organisations syndicales et patronales, sur la gestion de l’organisme national de retraite.

- La revalorisation des retraites et du plafond de la Sécurité sociale selon l’indice d’évolution des salaires.

- Le choix laissé aux régimes spéciaux qui n’ont été affectés par aucune des réformes de 1993 ou 2003 : soit ils s’incluent avec les mêmes obligations et prestations dans le régime national et bénéficient de la solidarité nationale, soit ils prévoient un financement spécial, hors fonds publics, pour maintenir leurs spécificités.

- Incitation à prendre leur retraite dans leur pays d’origine pour les travailleurs étrangers.

 

27.03.2007

Des retraités sans logis?

De nouvelles normes de sécurité issues d'un arrêté ministériel pris en 2001, mais confirmé seulement en novembre 2006, préconisent des conditions d'accueil beaucoup plus strictes pour les établissements recevant du public.

Elles se dénomment entre elles avec humour « les mamies de Don Quichotte », en référence au campement du canal Saint-Martin. Un humour qui sert à masquer tant bien que mal le désarroi d'une centaine d'habitants - en majorité des femmes - des résidences pour personnes âgées de Lyon qui ont appris qu'ils devraient quitter leur appartement. La nouvelle est tombée comme un couperet il y a quelques semaines, lors de réunions dans les établissements. La réglementation touche dix-sept des vingt-quatre résidences municipales lyonnaises qui accueillent des seniors autonomes (à l'inverse des maisons de retraite accueillant des personnes dépendantes).
  Le désarroi est d'autant plus grand parmi les résidents que les perspectives de relogement sont des plus floues. Dans le même immeuble ? À l'autre bout de la ville ? Âgées de plus de 80 ans, pour beaucoup sans proches mais pour la plupart encore autonomes, les locataires avaient su recréer dans leur résidence un environnement convivial en passe de se briser. « Nous avons ici des amis, nous avons nos habitudes dans le quartier, nous connaissons les commerçants. Ce déménagement programmé crée une mauvaise ambiance, fait naître des jalousies entre locataires », dénonce une résidente, à la tête d'une association qui s'arrêtera avec son départ.
  Pas résignée pour autant, elle a fait le tour avec quelques amis des autres maisons de retraite pour repérer les éventuelles places disponibles. Certaines résidentes ont même proposé, en vain, de réaliser les travaux à leurs frais pour ne pas être séparées de leurs amies. Mais la vétusté d'une partie du patrimoine ne permet pas un relogement sur place.
 

Embarrassée, la mairie de Lyon se retranche derrière la responsabilité ministérielle de l'arrêté et sur l'engagement financier en faveur des personnes âgées, supérieur pendant ce mandat qu'au cours du précédent. Un message qui ne passe pas auprès de Fleurette, arrivée en 2004 dans sa résidence : « Nous votons et nous payons des impôts. À Lyon, on a de l'argent pour construire des stades de foot mais les personnes âgées peuvent crever. Ici, on ne m'a rien dit alors que l'arrêté ministériel était pris depuis longtemps ! »

Face à cette grogne, la mairie de Lyon a dépêché des émissaires auprès des locataires pour recueillir leurs desiderata et s'apprête à annoncer dans les prochaines semaines un plan de rénovation et de construction de résidences. Après la canicule de 2003, le sénateur maire de Lyon Gérard Collomb (PS) avait supprimé les cérémonies des voeux aux Lyonnais pour que les sommes auparavant dépensées en buffets et libations soient destinées à « l'amélioration des conditions de vie des personnes âgées ».

 Source : le Figaro

 

Les personnes âgées font partie des rebuts de notre société moderne, leurs intérêts ne représentent que la partie congrue lorsqu'il s'agit de mettre en place tel ou tel politique d'aménagement, trois longues années après le décret dans ce cas. Et l'on cherche à résoudre le problème des personnes âgées, et pas pour les personnes âgées, simplement se dédommager et se déculpabiliser, avec la même idéologie qui a détruit le lien générationnel, celui de l'indivualisme triomphant.

Tant que les mentalités ne changeront pas, de nombreuses face de la société ne changeront pas.

Quand bien même des maires font croire à leur solidarité en se privant d'un cocktail, alors qu'ils vivent de ça. Mr Collomb si vous vous reconnaissez...