15.06.2007

La Doctrine de Maurras

Selon le contemporain Centre royaliste d'Action française on peut en donner le "synthèse doctrinale" suivante qui n'"a pas l'ambition de présenter ici une synthèse exhaustive de la pensée de Maurras mais d'en montrer simplement les principaux axes et les articulations essentielles."

I. "Pays réel / pays légal" :

pour Maurras, le régime républicain, ses administrations hyper centralisées, ses partis politiques et ses soutiens idéologiques, forment un "masque grotesque", tyrannique et inefficace, le "pays légal", qui est artificiellement superposé au "pays réel", le pays qui "travaille et qui vit", que l'on appellerait aujourd'hui la société civile. A l'opposé de cette démocratie jacobine, Maurras propose une large décentralisation et une autogestion des problèmes locaux, non par une classe politicienne départementale ou régionale mais, directement, par les acteurs sociaux. La monarchie, au sommet de l'Etat, servirait de fédérateur au-dessus de cette diversité, d'où sa célèbre formule : "l'autorité en haut, les libertés en bas".

II. "L'empirisme organisateur" :

Maurras considère la Politique comme une science, une "physique sociale", à la manière de son maître Auguste Comte, et refuse de lui appliquer le seul critère de l'opinion. L'étude de l'Histoire doit nous permettre de dégager quel régime est souhaitable pour un pays comme la France. La monarchie, véritable matrice de la Nation, institution stable pendant près de mille ans, adaptée au tempérament français par le frein qu'elle met aux ambitions et aux rivalités des chefs de parti, apparaît alors comme bien supérieure aux différentes républiques, régimes instables oscillant sans cesse entre anarchie parlementaire et appel à des autorités charismatiques de type providentiel (Napoléon, Pétain, De Gaulle)... De "Démos à César" !

III. "Le nationalisme intégral" :

Maurras constate la force du sentiment patriotique en France. Dans sa forme la plus réfléchie, il nomme ce patriotisme : nationalisme. Mais le nationalisme, s'il ne comprend pas que le régime républicain est incapable d'assurer le bien commun de la patrie de façon complète et durable, se condamne à rester incomplet (bonapartisme, boulangisme, pétainisme, gaullisme). Le royalisme s'appelle lui-même le "nationalisme intégral" car il propose une révision profonde de nos institutions pour que ce que veulent préserver les nationalistes ne soit pas constament remis en question. L’expression "nationalisme intégral" ne désigne donc pas dans l’esprit de Maurras un nationalisme exacerbé ou agressif (nationalitarisme) mais un nationalisme abouti.

 

Source : Metapedia