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07.06.2007
Débat du Progrès pour la 11 ème circonscription
Seule une triangulaire pourrait remettre en cause sa réélection. Dix candidats se sont affrontés hier soir lors du débat Le Progrès, à la Maison des fêtes et des familles de Givors
Michel Rivet-Paturel
La grande vague bleue annoncée partout interrompra-t-elle le cycle de l'alternance qui prévaut depuis presque vingt ans dans cette circonscription ? Si tel est le cas, le sortant UMP Georges Fenech pourrait bien sauver son siège. Les résultats de l'élection présidentielle sont de nature à lui donner quelques espérances : Nicolas Sarkozy, arrivé largement en tête au premier tour avec presque 34 % des voix a regroupé 57 % des voix sur son nom au second. Si la législative était un duplicata de la présidentielle l'affaire serait entendue.
Le challenge n'est donc pas facile pour le candidat socialiste, adjoint au maire de Givors, Jean-François Gagneur. Même s'il peut bénéficier du retrait du maire de Grigny, représentant de la gauche antibérale, René Balme, qui, au nom de l'efficacité, a appelé « au rassemblement des forces de gauche » et lui a apporté son soutien au lendemain des présidentielles. Mais l'union à gauche ne sera pas plus large puisque, outre le vert Roger Frety, il faut compter avec deux candidats d'extrême gauche, Jean Barreau pour LO et Christian Castro pour la LCR.
Georges Fenech, pour sa part, subira la concurrence de Sylvie Manchon du MPF et de deux candidats d'extrême-droite, Marcelle Marie pour le MNR et Anne-Marie Perret pour le FN. Malgré le recul de Le Pen aux présidentielles, celle-ci pourrait réaliser un score important.
Entre droite et gauche, la centriste Blandine Martin va tenter au moins de retrouver les 19 % de Bayrou de la présidentielle. Si elle y parvient et provoque une triangulaire on pourrait se retrouver dans le seul cas de figure qui, éventuellement, mettrait en danger Georges Fenech.
10 candidats devant 200 personnes
1 Transports
Les candidats semblent unanimes à ce sujet pour dépasser les clivages partisans.
« Avec les associations de riverains mais aussi avec les élus des collectivités, nous avons appris à travailler ensemble. Sur le dossier de la ligne de fret ferroviaire, nous avons obtenu des résultats probants », démontre Georges Fenech (UMP).
Concernant l'A45, Jean-François Gagneur (PS) considère « qu'il faut éviter le tout autoroutier et privilégier le ferroutage ».
Pour Christian Castro (LCR), « il faut rouvrir les anciennes lignes de chemin de fer dont la ligne Givors-Brignais ».
Jean Barreau (LO) défend pour sa part des transports en commun nombreux, fréquents et gratuits ».
Jean-Pierre Lévèque (FA), rappelle l'impérieuse nécessité de coller au quotidien des Français : « Il faut se donner cinq ans pour passer au ferroutage et imposer le service minimum ».
Sylvie Manchon (MPF) propose de mieux « utiliser le fleuve Rhône pour les marchandises mais aussi pour les passagers entre Lyon et Givors ».
Anne-Marie Perret (FN) souhaite pour sa part instaurer un aiguillage, au péage, des transports routiers internationaux vers des itinéraires moins fréquentés ».
Roger Frety (Les Verts) aura certainement la palme de la proposition la plus originale avec son projet de télécabine entre le plateau de Monrond et la gare de Givors.
Blandine Martin (UDF-Modem) concluant sur « la nécessité absolue d'avoir une vision nationale et européenne de ce dossier des transports ».
2 Agriculture
Comment défendre une agriculture périurbaine fragile ? « Il faut privilégier les circuits courts » et « revaloriser la filière de production qui ne fait pas le poids face à la grande distribution », assure l'ensemble des candidats.
Georges Fenech (UMP) a particulièrement insisté sur la nécessité de revaloriser les retraites de 25 %.
Pour Blandine Martin (Mo-dem), il ne faut plus considérer les agriculteurs comme de simples aménageurs de territoire mais leur permettre de vivre de leur production et privilégier les partenariats locaux.
Annie Perret (FN), fustige une Politique agricole commune européenne qui a transformé les agriculteurs en collecteur de subventions.
Jean-François Gagneur (PS) veut lui aussi remettre à plat le système de subventions actuel qu'il juge bancal et trop avantageux pour les grandes exploitations. Il milite pour une action forte des pouvoirs publics qui permettrait d'assurer des réserves foncières à l'agriculture.
Christian Castro (LCR) a interpellé le public sur les fausses bonnes idées. Dans son collimateur : « les biocarburants » : « la terre est d'abord là pour nourrir les hommes ».
Il sera rejoint sur ce point par Roger Fréty (Les Verts), très critique sur le modèle agricole productiviste. Défenseur d'une agriculture bio et faucheur volontaire d'OGM.
Sylvie Manchon (MPF) veut elle aussi défendre une agriculture biologique, considérant que c'est un problème de santé publique. Jean-Pierre Lévèque (FA) considère qu'un délai de 10 ans serait nécessaire aux agriculteurs pour passer d'un système productiviste à un système plus respectueux de l'environnement.
Jean-Marc Barreau (LO) considère que les agriculteurs sont soumis au même diktat des grands groupes industriels et des banques que les salariés.
3 L'emploi
Le dernier sujet du débat a suscité le plus grand nombre de réactions dans l'assistance. Georges Fenech (UMP) a affirmé que « le retour au plein-emploi était possible d'ici 5 ans. Il faut libérer le travail ». Et il a profité de l'occasion pour annoncer l'arrivée de deux entreprises à Loire-sur-Rhône : une société néerlandaise et Alstom. Des promesses qui n'ont pas convaincu Christian Castro (LCR) qui attend de voir. Jean-François Gagneur (PS), quant à lui, n'est pas persuadé que le nombre d'emplois locaux sera très important. « Ces sociétés délocalisent d'autres entreprises et amènent leurs cadres avec elles ». Il revient aussi sur les 35 heures en insistant sur le fait que si cette mesure était mauvaise pourquoi le gouvernement ne l'a pas supprimée.La plupart des candidats ont été d'accord sur deux points : l'écologie est porteuse d'emplois et la formation doit bénéficier de plus de moyens. Blandine Martin (Mo-Dem) a aussi demandé une simplification de la réglementation du travail. « On n'est pas obligé d'arriver à un contrat unique mais le code du travail est trop compliqué ».
Christian Castro et Jean-Marc Barreau (LO) souhaitent la mise en place d'un salaire minimum à 1 500 euros net et l'interdiction des licenciements. Jean-Pierre Lévèque (FA) a proposé de maintenir le salaire des chômeurs à condition de travailler pour l'État en compensation.
09:35 Publié dans Législatives 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Front National, FN, législatives 2007




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