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06.06.2007
Désobéissance civile, un acte protégé par le Système
«Barbouilleurs» de pub : citoyens engagés ou délinquants ?
Alors que l'obésité infantile a été inscrite au rang de maladie inquiétante par l'OMS, 70 % des messages de pub portent sur les produits alimentaires. Débat, lundi, à Lyon.
Récemment, à Lyon, une dispense de peine a été prononcée en faveur des « déboulonneurs », ces affreux-jojos qui barbouillent les panneaux de pub et pratiquent la désobéissance civile pour lutter contre l'invasion de la publicité et sa pollution visuelle. « Un jour, forcément, une relaxe tombera » a estimé, lundi, Me François Roux, avocat de trois autres jeunes gens poursuivis pour dégradation.
La désobéissance civile sera-t-elle légitimée le 18 juin prochain par le juge M. Rakic ? C'est à cette date, en tout cas, ô combien ! symbolique, que sera rendue la décision. En l'espèce, le tribunal de Lyon validerait le « non » des anti-pub. Au nom de « l'état de nécessité » comme l'a plaidé Me Roux ? Pour ce faire, l'avocat a surfé sur les propos édifiants d'un témoin cité par la défense.
A dire vrai, le témoignage de Mme Isabelle Darnis, coordinatrice à ABC Diététique, a frappé les esprits. Elle a mis en parallèle l'obésité infantile, phénomène aujourd'hui mondial, et les messages publicitaires concernant à 70 % les produits alimentaires, « en particulier les produits gras et sucrés ».
Alors même, a-t-elle souligné, que l'OMS (Office mondial de la santé) vient d'inscrire l'obésité infantile au rang des maladies non-infectieuses les plus inquiétantes. Selon la praticienne, « c'est un vrai état d'urgence ».
La santé des enfants en jeu
Fin rhéteur, François Roux a rebondi sur l'« état d'urgence » afin de plaider la relaxe au nom de « l'état de nécessité » : « Pour préserver la santé des enfants, face aux puissances financières, il reste les gestes symboliques et nécessaires » a affirmé Me Roux. Et d'en appeler à la liberté du juge : « Vous, juges, êtes garants des libertés individuelles et avez les moyens de faire évoluer la loi. Ces actions sont illégales mais légitimes. A vous d'interpréter. Sans avoir forcément à appliquer la loi stricto sensu. Le Code du travail est né d'un mouvement de désobéissance civile ! ». Un clair appel à l'audace du tribunal.
Au préalable, le procureur M. Cordesse avait réclamé 200 euros d'amende. Contre Nicolas, professeur de philosophie à Lyon 2, Marion, étudiante en sociologie et Guillaume, employé d'une association versée dans l'environnement.
Yves Alègre
yalegre@leprogres.fr
Source : le Progrès
Exceptionnel article si il en est. Ou comment apprendre que les idées de gauchistes sont légitimisées, qu'il n'y a donc aucun acte rebelle gauchiste.
Les anti-pubs, déboulloneurs de panneaux, barbouilleurs de publicité dans le métro et autres sont des affreux-jojo, terme adéquat, le "journaliste" étant tombé sous le charme de la désobéissance civile, qui devinez quoi, a été motivée par l'obéiste infantile mondiale... Le mièvre terme d'affreux-jojo estalors une insulte, ce sont des héros!
Rajoutez à ceci que ces résistants du quotidien seront jugés le 18 juin, il y a de quoi verser une larme.
Sans oublier qu'est offerte une tribune à l'avocat des parties civiles, demandant de ne pas appliquer la loi stricto sensu, parlant des libertés individuelles, de faire évoluer la loi...
Mais à nos yeux ceci n'est le vrai procès kafkaïen du primat de ce que la pensée unique appelle la liberté, du progressisme sur les règles que ces deux concepts ont eux même edictées.
Sur le fond, nous avons de pseudo-rebelles, ayant trouvé comme loisir d'être les idiots-utiles du Système ou au mieux sa soupape, ceux ci se jouent chaque jour leur grand soir en barbouillant des publicités (on a la révolution que l'on peut...). Mais à quelles publicités s'attaquent-ils?
Personnellement nous n'avons remarqué leur combat que dans un seul endroit, comme beaucoup de lyonnais, dans le métro. Métro lyonnais dont les publicités sont celles de magasins lyonnais et de centres d'études et de formations professionnelles. Publicités n'ayant aucun rapport avec l'obésité infantile (ce que devrait réaliser le témoin cité, avant d'étaler des chiffres n'ayant rien à voir avec le sujet, à moins que l'on barbouille sa télévision), ni avec un quelconque autre thème porteur, servant simplement de réclame à de petites institutions commerciales, dont nos héros anti-pubs sont aussi les ennemis. Le mythe s'écorne facilement, pourfendeur de multinationales économico-fascistes, les voilà à gréver le fonctionnement de simples magasins.
Sur la forme, nous ne pouvons que constater, que la désobéissance civile ne prend ce nom qu'en cas d'actes progressistes, restant sous le couvert de la pensée unique. Se transforme en procès politique le jugement de dégradations qui sont politisées seulement car elles sont le fait de gauchistes, imaginez un patriote barbouillant une affiche appelant au métissage, pas de désobéissance civile dans ce cas là, mais une aggravation des faits pour racisme...
Les personnes ici jugées risquent 200 euros d'amende, ce qui, exprimé clairement, signifie que la désobéissance civile de ce type n'est plus un acte de rebellion. Le Système est toujours clément envers ses idiots utiles et les transforment en citoyens engagés, ce qui est tout de même moins dangereux...
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