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30.05.2007

Sarkozy, roi de la communication

"Le pouvoir vert, l'existence d'une deuxième agriculture dans le monde à côté de l'agriculture américaine, la possibilité pour les jeunes de continuer à s'installer, c'est une question essentielle pour nous. Et si on ne comprend pas cela à la table de l'OMC, eh bien la France mettra son veto, c'est tout", a-t-il déclaré en marge d'une visite dans une coopérative agricole.

"S'il y a des efforts à faire il faut que tout le monde en fasse. Pour l'instant, je ne vois pas les efforts que sont disposés à faire les Etats-Unis. Je ne vois pas les efforts qu'est disposée à faire l'Inde. Je ne vois pas les efforts qu'est disposé à faire le Brésil", a ajouté Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat français a fait valoir la nécessité pour l'Europe d'être dotée d'un "traité simplifié".

"C'est pour cela que je me bats pour de nouvelles institutions en Europe, pour que notamment à l'OMC on soit représenté par le président du Conseil européen et non par un commissaire européen, quelles que soient ses compétences", a dit Nicolas Sarkozy.

A ses yeux, un commissaire "n'a pas le poids politique pour faire face à des puissances colossales comme le sont aujourd'hui l'Inde, le Brésil, la Chine ou les Etats-Unis".

L'actuel négociateur de l'Union européenne à l'OMC, le commissaire au Commerce Peter Mandelson, est vivement critiqué par les organisations agricoles françaises qui lui reprochent d'outrepasser régulièrement le mandat de négociation que lui confient les Etats-membres.

Lors d'une rencontre avec Nicolas Sarkozy le 17 mai, au lendemain de son intronisation, le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, avait demandé au chef de l'Etat de faire preuve de grande fermeté dans les négociations.

Il avait émis l'espoir que la France et l'Allemagne, qui préside l'Union européenne jusqu'à fin juin, ne laissent "plus de marge de manoeuvre" à Peter Mandelson.

Le ministre sortant de l'Agriculture, Dominique Bussereau, avait fait savoir que Paris rejetait la dernière proposition de l'OMC sur le volet agricole et souhaitait "une pause" dans les discussions.

Depuis cinq ans, les négociations du cycle de Doha sur la libéralisation du commerce international achoppent sur l'agriculture. Les pays émergents et les pays pauvres veulent la fin des aides agricoles versées par les pays riches et l'abaissement des droits de douane tandis que les pays du Nord réclament des concessions en matière de services et de produits industriels.

Source : l'Express.fr 

Sarkozy, champion de la communication, personne n'en doute, mais Sarkozy maître en duplicité, tout le monde doit le savoir.

Sarkozy en défenseur de la ruralité française, il fallait le voir pour le croire, le voilà, lui "l'américain", prêt à poser un veto à l'OMC, alors qu'il n'en aurait pas posé à l'ONU pour attaquer l'Irak!  Alors sarkozy prêt à tout pour défendre l'agriculture française?

On peut y croire naïvement, surtout si l'on croit que la politique actuelle, et des dernières décennies, est la politique qu'il faut pour sauver la ruralité française.

 

Sarkozy milite pour un poumon vert (terme pour le moins mystificateur si l'on considère que ces poumons verts sont les grandes plaines céréalières, ultra-productivistes, de la Beauce par exemple, alors qu'un poumon vert est une zone forestière, puit à carbone, mystification des termes quand tu nous tiens...), contre la seule agriculture américaine, c'est la première phase du coup de pub à la sauce David contre Goliath, ensuite il s'en prend à l'Inde et au Brésil, à une politique de libéralisation de l'ariculture. Nous voilà arrivé là où le bât blesse, qu'il souhaite, pré-electoralement ou à plus longue vue, se mettre dans la poche le monde rural est un fait, mais ce que défend Sarkozy est la politique catastrophique qui a mené depuis un demi-siècle l'agriculture française où elle en est, la même politique ultra-libérale, menant au productivisme sans borne, au Marché et à la délocalisation de la production vivrière...

En somme défendre le vraiment trop de libéralisme, pour installer à jamais le trop de libéralisme, de toutes façons en marche un jour ou l'autre vers le vraiment trop...

 

Vous pourriez alors vous demandez, pourquoi ce baroud d'honneur face à la mondialisation, outre le clientélisme démagogiste? Comme une pièce de puzzle à mettre en place avant la finalisation de ce dernier, le maître mot de cette déclaration n'est pas tant le veto agricole de Sarkozy à l'OMC, que l'Union Européenne, que l'agriculture comme partie du tout européen, que le Système tente de nous faire avaler à nouveau. Un commissaire européen outrepasse ses fonctions sur l'agriculture européenne, Sarkozy propose de nouvelles institutions et le déplacement du président du Conseil européen. En clair pour plus d'autonomie de l'agriculture française, Sarkozy propose de s'en remettre encore plus à l'Union Européenne.

Voilà à quoi servent et serviront les mascarades sarkozystes, d'une façon ou d'une autre à mettre en place un traité européen, qui accréditera encore plus le pouvoir qu'ont les instances européennes sur tel ou tel pan de la politique du pays. 

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