18.05.2007
Eglises, un patrimoine français, donc un patrimoine à détruire
De moins en moins fréquentées, les églises coûtent cher à entretenir et les maires s'interrogent. Faut-il les préserver ou doit-on les démolir ? Pas de doute, de gros nuages noirs surplombent désormais les petits clochers ruraux. Comme si le tabou de leur destruction commençait à se lever. Béatrice de Andia, à la tête du nouvel Observatoire du patrimoine religieux, affirme que, sur la base d'un rapport du Sénat, « 2 800 des 15 000 églises rurales protégées » seraient « en situation de péril ». « Ce qui laisse augurer, explique cette ancienne responsable de l'action artistique de la Ville de Paris, que les bâtiments non classés, qui ne sont pas une priorité pour l'État, ont un sombre avenir devant eux. »
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De l'herbe folle a poussé entre les tas de pierres, de vieux carrelages et d'ardoises brisées. Un angle de mur est encore vaguement debout et des tiges de fer rouillées pointent vers le ciel. En cet endroit désolé, il y a moins d'un an, se dressait encore une église dominant toute cette région, théâtre des guerres de Vendée. Bâtie en 1870 sur un point culminant du Maine-et-Loire, à 200 mètres d'altitude, l'église paroissiale du village de Saint-Georges-des-Gardes a été démolie en août dernier. « Déconstruite », précise le maire, Gabriel Lahaye, qui, sans être un adepte du philosophe Jacques Derrida, a choisi ce terme pour son image moins violente, « plus respectueuse ».
La commune de 1 500 habitants possède une autre église et, ne pouvait pas supporter les charges d'une réhabilitation : bien au-delà du million d'euros. Les églises construites avant 1905 sont, en effet, à la charge des collectivités locales. « On m'avait dit : tu le regretteras ! Mais il n'y a rien à regretter », assure Gabriel Lahaye. Un habitant, Gérald Eloire, a bien tenté de s'opposer à la démolition avec une lettre ouverte au maire, la création d'une association, la mobilisation des médias. En vain. Cet athée convaincu, qui avait choisi de s'installer dans ce village justement pour le charme de son église, n'a entraîné qu'une poignée d'habitants derrière lui. Et récolté beaucoup d'hostilité.
Le maire, qui va faire construire un petit oratoire de style contemporain sur le site de l'ancienne église, assure que « d'autres communes s'apprêtent à franchir ce pas ». La région est en effet pleine d'églises construites au XIXe siècle pour accueillir une population très pratiquante et en pleine croissance, en « réparation » aussi de la Révolution, quitte alors à détruire des églises trop petites ou trop abîmées qui avaient pourtant, elles, une réelle valeur architecturale. À 18 km de cette colline des Gardes, en effet, Bernard Briodeau, maire « plutôt centriste » de Valanjou, affirme avoir tourné les plans, les expertises, les aides régionales ou départementales et les comptes communaux dans tous les sens avant de se rendre à l'évidence : l'église Saint-Martin de son village est aussi vouée à la disparition. À terme, il espère ne conserver qu'une tour défensive du XVe siècle contre laquelle avait été édifié le bâtiment au XIXe.
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Maire de Gesté, à 45 km de là, Michel Baron dit lui aussi avoir cherché d'autres solutions. D'autant que l'église, très vaste, dont le conseil municipal vient de voter la démolition, est la seule de la commune de 2 500 habitants. La messe y est encore célébrée. À la place, le maire promet de construire « une salle de 500 places, susceptible d'être divisée en deux, moderne, facile à chauffer, attirante pour les jeunes... » Le curé de la paroisse, Pierre Pouplart, reste sur la réserve. « Ce sont les affaires de la commune, esquisse-t-il, je comprends qu'elle s'interroge sur le coût de l'entretien. » Responsable de l'art sacré pour ce diocèse d'Angers, le père André Boudier observe : « Leséglises de qualité doivent être sauvegardées. Pour les autres, il faudra accepter de les détruire et de construire à la place des édifices mieux adaptés aux besoins d'aujourd'hui... »
Source : le Figaro
Il n'est pas besoin d'être catholique, ni chrétien, pour s'alarmer du fait qu'un cinquième des églises rurales de France sont sur le point d'être détruites. On peut arguer, et il est vrai, que la foi de tel ou tel croyant peut s'épanouir dans tous les endroits, bémol à mettre quand on connaît l'effort architectural, dorénavant pluri-millénaire, de l'Eglise catholique.
Enfin il y a d'autres raisons à s'alarmer de cela, la première est la haine sous-jacente du patrimoine, de la tradition, qui habite aussi bien les laïcs, dans ce cas, que le clergé lui même. Bien sûr on parlera de manque de moyens, raison suprême dans une société de l'avoir, mais en manque t'on réellement? Peut on dépenser pour tel ou tel musée, telle ou telle exposition, concernant des patrimoines exotiques, alors qu'on met en péril l'existence du nôtre?
Et doit on aussi transformer à jamais chaque pièce architectural du patrimoine français au nom d'un progressisme sans fin? Doit on être forcément adepte du Corbusier et des masses informes que l'on nous a présenté comme architecture au 20 ème siècle?
L'on comprend sûrement mieux ce mouvement de renonciation à notre patrimoine, quand on le met en parallèle avec l'explosion du nombre de construction de mosquées. Voilà où passe les moyens, dans une France qui construit dorénavant des églises sans cloches et sans clocher, au profit bientôt d'une vague de minarets...
Haine de soi, haine de son patrimoine, transformée en mise en oeuvre d'un prosélytisme invasif d'une force étrangère, chaque jour la France prouve qu'elle se laisse menée au bord de l'abîme. Comme un exemple représentatif de nombreuses autres choses, quand il n'y aura plus d'églises anciennes en France, il n'y en aura plus, point final.
11:48 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Front National, FN, églises




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