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03.05.2007

Au siège du FN, le Pen se gausse et raille les deux enfants du Système

IL N'Y AVAIT pas d'indulgence à attendre de Jean-Marie Le Pen pour l'un ou l'autre des deux candidats qu'il avait rejetés d'un même désaveu le 1er mai, comme « bonnet blanc et blanc bonnet ». Tour à tour goguenard et indigné, le président du FN a regardé l'émission au « Paquebot », le siège du FN à Saint-Cloud, avec attention, sans doute intéressé par la façon dont ces deux protagonistes allaient maîtriser un exercice de haute volée. Il était en compagnie de sa fille Marine, son directeur de cabinet Olivier Martinelli et Louis Aliot, secrétaire général du FN.
 
A-t-il un favori ? Pas clairement. Au début de l'émission, il dit croire « que l'un (Sarkozy) va être meilleur que l'autre ». Mais il estime aussi que Ségolène Royal « est probablement meilleur débatteur qu'orateur », l'ayant jugé « mauvaise » la veille à Bercy. Plus tard, il confirme son pronostic : elle est bien meilleure dans ce débat que dans ses discours.
 
Au moment où elle se met en colère à propos des enfants handicapés, Jean-Marie Le Pen et son entourage commencent à la trouver « très bonne ». Mais finalement, on juge que sa « comédie dure trop longtemps ».
 
Et quand Nicolas Sarkozy lui répond : « Si vous êtes président de ce qui marche, moi je veux être le président qui fera marcher ce qui ne marche pas », on salue son savoir-faire.
 
Pour le reste, l'ironie va bon train. Le Pen, à 9 h 30 : « Ça doit commencer à zapper ferme ! » À 9 h 55 : « Tendez vos rouges tabliers, il pleut des vérités premières. »
 
Et quand Ségolène Royal expose son programme économique, Marine fait semblant de ronfler au bout de trois minutes.
 
Les « priorités » annoncées par la candidate socialiste inspirent les remarques les plus dubitatives : Marine Le Pen : « Ça fait 25 minutes : elle a déjà avancé trois priorités ! » Une demi-heure plus tard : « Avec le smic, c'est sa sixième priorité. Bravo ! À la fin de l'émission, on devrait avoir douze priorités ! »
 
On se gausse de certaines des propositions avancées par Ségolène Royal. Ainsi de son idée de faire raccompagner chez elles les femmes fonctionnaires le soir. « Qui va raccompagner le dernier ? », demande Marine Le Pen ? « Cela correspond à la proposition de Sarkozy de donner la nationalité française à toutes les femmes battues du monde ! », ajoute Jean-Marie Le Pen. Ségolène Royal assure qu'elle veut « désétatiser » l'État. « Arlette (Arlette Laguiller), au secours ! », lance Marine Le Pen.
 
Le président du FN raille ce qu'il considère démagogique dans la générosité affichée par Ségolène Royal : « Et donnez du pain à ceux qui n'en ont pas ! » Le « gagnant-gagnant-gnan-gnan » de Ségolène Royal l'amuse.
 
On finit par la trouver « insupportable » au moment de l'échange avec Nicolas Sarkozy sur la régularisation des clandestins.
 
De ce que dit Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Le Pen affirme souvent que ce sont des mesures dont la paternité lui revient. Ainsi des places de prison : « C'est ce que j'avais proposé. J'avais dit 100 000 places », lance-t-il. À propos de la taxation des poids lourds étrangers qui traversent la France : « Voilà encore une mesure qu'il a prise à Le Pen ! »
 

Et le président du FN de manifester quelque impatience : « Est-ce qu'ils vont à un moment donné prononcer le nom d'immigration ? Pas un mot non plus sur l'Europe ! Ils sont tous les deux européistes. »

Source : le Figaro

PS: titre modifié par rapport à celui du Figaro 

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