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14.03.2007
Préférence étrangère et délocalisation au nom de l'Etat
La PME bretonne Armor Lux joue la mondialisation pour les vêtements professionnels.
Dessinées par Christian Lacroix, les tenues des agents de la SNCF seront dorénavant fabriquées par Armor Lux. Un contrat de 250 000 pièces par an, sur cinq années (4 millions d'euros par an), qui donne de la visibilité à la société bretonne. « La fabrication de vêtements professionnels constitue une niche intéressante : elle nous permet de maintenir les 650 emplois que nous avons en France sur nos deux usines, à Quimper et à Troyes », indique Jean-Guy Le Floc'h, président de la société (68 millions de chiffre d'affaires en 2006).
Toutefois, comme les uniformes des 110 000 facteurs qu'Armor Lux livre depuis 2004 pour un marché annuel de 15 Meur, les vêtements ne seront pas « made in France », mais produit au Maroc, en Tunisie ou encore en Bulgarie. « Aujourd'hui, en Bulgarie, l'équivalent du smic tourne autour de 100 euros. De plus, ils ont un savoir-faire très pointu dans le textile. Nous garantissons donc à nos clients une qualité qu'il serait difficile d'obtenir en Chine », explique le dirigeant. Et d'ajouter : « Nous travaillons aussi pour Casino, Leclerc, le Conservatoire du Littoral ou encore l'armée française. Il s'agit de contrats intéressants. En effet, depuis quelques années, ces grands comptes adoptent une stratégie d'externalisation et ont des exigences de qualité et de durabilité des vêtements auxquelles nous pouvons répondre », assure-t-il.
Une logistique française
Ainsi, l'appel d'offres de la SNCF stipulait-il que les chemises devaient être en coton équitable. « Dès que Max Havelaar a labellisé un coton en 2005, nous nous y sommes intéressés. Résultat : les 10 000 chemises seront fabriquées à Marrakech avec du coton malien », poursuit-il. À cet égard, La Poste est en avance : cette année, ce sont 370 000 pièces sur 1 million - contre 90 000 en 2006 - qui bénéficieront de ce label.
En revanche, toute la partie logistique est traitée en France. « Livrer comme pour La Poste 800 000 pièces en 4 semaines constitue une gageure. Nous disposons à Quimper d'un entrepôt ultra-sophistiqué de 7 000 mètres carrés et d'un savoir-faire pointu », insiste Jean-Guy Le Floc'h. Aujourd'hui, les marchés publics représentent environ 1,7 million de pièces par an sur un total de 4,8 millions.
Pour autant, il n'oublie pas les marinières et les sous-vêtements qui ont fait la réputation de la marque bretonne. Armor Lux compte une quarantaine de boutiques en France et l'objectif est d'en avoir 20 de plus d'ici à deux ans.
Source : le Figaro
16:02 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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