« Ca ne s'invente pas! | Page d'accueil | Impartialité encore... »

23.02.2007

Réseau de proxénètes roumains démantelés

Devant le tribunal de Lyon, hier, 7 ans de prison ont été réclamés contre le « parrain » du réseau. Une dizaine de filles ont été jetées sur le pavé de «Perrache» en 2005

Veronica, Catalina, Anna-Maria, Cristina, Elisabeta et d'autres encore
De l'été 2005 à février 2006, ce n'est pas moins d'une dizaine de jeunes femmes venues de Roumanie qui ont été jetées sur le pavé du cours Charlemagne, dans le quartier de Perrache, haut lieu de la prostitution à Lyon.
La plupart ont été approchées à Isasi, ville de 800 000 habitants, à l'Est de la Roumanie, près de la frontière moldave. Là, de beaux princes leur promettaient les douceurs de l'eldorado français.
La réalité sera toute autre. Une vraie descente aux enfers pour des femmes soudain isolées, privées de papiers et donc à la merci de leurs « bourreaux ». Véronica devra continuer à exercer bien qu'enceinte de 2 mois. Andréa, elle, suspectée d'avoir « balancé » son souteneur, sera passée à tabac à son retour au pays : coups au visage, cotes fracturées, la victime est aujourd'hui sur un fauteuil roulant. L'oeuvre, a-t-elle dit, des amis de Timofte.
Informés qu'une mineure roumaine avait été placée à l'IDEF (Institut Départemental de l'Enfance et de la Famille), ce sont les policiers de la direction interrégionale de la police judiciaire de Lyon qui ont démantelé le réseau. Surveillances, écoutes téléphoniques, l'enquête aboutira à l'interpellation de neuf garçons originaires de Iasi et d'un Français égaré là, un « micheton » tombé amoureux d'une fille. Tous étaient, hier, devant le tribunal de Lyon. Tous ont contesté les faits. A les en croire, ils étaient en couples avec les filles qui, pour seuls subsides, leurs offraient gîte et couvert. Les 125 000 euros recensés par la police et envoyés au pays, sous forme de mandats, via la Western Union, étaient destinés aux projets immobiliers des diablesses

Traite des femmes
Sauf que l'enquête a démontré que l'essentiel des fonds transitait sur les comptes d'un certain Marian Rusu, considéré comme le « parrain » du réseau. Dans le box, Rusu est comme un fauve en cage. L'homme, vindicatif et massif, crie à l'imposture d'une voix de stentor. Les accusations des filles ? Mensonges et balivernes, vitupère-t-il. Rusu préfère évoquer une machination. Selon l'enquête, il ne laissait que 70 euros par jour aux filles. Celles qui voulaient reprendre leur liberté devaient s'acquitter d'une taxe de 3 000 euros.
A son encontre, le procureur Mme Dubost a réclamé 7 ans de prison et une amende de 10 000 euros : « c'est un violent qui traite le corps humain comme une marchandise » a stigmatisé la magistrate. Pour les autres, il a été requis de 18 mois à 5 ans de prison. Et une interdiction du territoire pour tous. En défense, Me Yanina Castelli, pour Rusu, a plaidé l'absence de preuves quant aux gains retirés de la prostitution. Le jugement a été mis en délibéré.
Yves Alègre
yalegre@leprogres.fr


Source : le Progrès

Va t'il neiger cette fin du mois de février? A présent le Système lyonnais s'attaque aux filières de la prostitution, mais que se passe t'il? Les caciques lyonnais ont ils ouvert les yeux sur cette esclavagisme gigantesque qui se déroule à leurs portes?
Si c'est le cas, tant mieux, mais ce n'est qu'un début, qu'un très humble début, quand on connaît le nombre de prostituées à Lyon, même dans le seule zone de Perrache.
A propos de cette affaire l'on remarque que sept années de prison est bien peu par rapport aux temps de souffrances bien supérieures vécus par ces pauvres jeunes femmes. Mais l'on remarque aussi que quoi que l'on en dise la double peine est encore applicable, ainsi après la prison ces criminels roumains (n'est ce que le seule définition de leur identité?) seront interdits de territoire.
Car ils sont dorénavant européens? Ne peut on alors appliquer une peine de prison et une interdiction de territoire que pour les ressortissans européens? Si c'est le cas, pour appliquer une double peine justifiée, doit on espérer l'entrée en en Europe des pays africains?  Nous vivons décidemment sous une législation complètement folle...



Les commentaires sont fermés.